séquence n°3 : suite
Aujourd'hui, on continue ce qui a été commencé la semaine dernière : comme les trois élèves connectés ont pu le constater (:-) L'amoureux de la dolce vita est très bavard ! Mais sa parole est assez surprenante , extrait : "
« sei tutto », « non lo sai che sei tutto”, “you are everything”, “sei la prima donna del primo giorno della creazione”, “sei la madre, la sorella, l’amante, l’amica, l’angello, il diavolo, la terra, la casa”, “ma perché sia venuta qui”, “torni in America”, “farmi un favore”, “lo capisci che faccio adesso io”
(tu es tout, tu ne le sais pas mais tu es tout, tu es la première femme du premier jour de la création, tu es la mère, la sœur, l’amante, l’amie, l’ange, le diable, la terre, la maison, mais pourquoi tu es venue ici, quand tu retournes en Amérique, fais-moi une faveur…)
Merci à Jeanne pour la prise de note !
On voit clairement que la parole amoureuse est une forme de délire poétique : on a là le lien essentiel entre parole et amour ; aimer c'est se mettre à parler, à délirer le réel. Donc la parole amoureuse est tout autant une parole séduite que séduisante, l'amour conduit (se-ducere) la parole vers une forme de délire.
L'origine du phénomène est à chercher dans le sentiment amoureux lui même, et peut -être dans ce que Stendhal appelle "la cristallisation" :
Quand on est amoureux, on attribue à l'être aimé des qualités imaginaires, voire délirantes : « Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d'arbre effeuillé par l'hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes (…) Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections » De l'amour, chapitre 2.
Pour mieux comprendre, regarder cette video :
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